Aller au contenu


Chronique Culturelle : Le cinéma d'Akira Kurosawa

Chronique Culturelle Arts Akira Kurosawa Cinéma Empereur

1 réponse à ce sujet

#1
Heartsy

      Ma Chérie !!!!!!!!

  • messages 365
  • Inscrit(e) : 19 janvier 2013

  • Humeur du actuel : Détendue

Réputation : 101 (Étoile montante)

Bonjour à tous !

 

Comme vous le savez tous, depuis quelques chroniques, je suis un amateur des arts. Que ce soit la peinture, la littérature, le théâtre, la musique. Mais il y a un art auquel je n'ai pas encore touché, le 7ème art. Aujourd'hui, je vais vous présenter et rendre hommage à L’Empereur, le plus grand réalisateur asiatique :

 

Akira Kurosawa

Levez-vous, saluez, rasseyez-vous !

 

kurosawa-akira-05-g.jpg

Biographie

 

Kurosawa Akira, dit AK, est né à Tokyo le 23 mars 1910, descendant d'une famille de samouraïs. Son éducation mélangea les valeurs traditionnelles (apprentissage du kendo et du judo) et une ouverture vers les arts occidentaux (théâtre, cinéma). Son enfance fut très mouvementée par divers drames familiaux qui l’influenceront plus tard pour ses œuvres : la mort de sa jeune sœur en 1920, l’immense tremblement de terre du Kanto en 1923 et le suicide de son grand frère, Heigo, quelques années plus tard.

 

le-tremblement-de-terre-de-kanto-est-par

 

Il entreprit des études de peinture mais elles ne furent pas concluantes. Peu après le suicide de son frère, le studio Toho rechercha des assistants-réalisateurs et AK postula. En février 1936, il fut assistant pour grand nombre de réalisateurs, et surtout de Kajiro Yamamoto, qui deviendra son mentor. Lors de l'année 1943, alors que la censure faisait rage, il entreprit la réalisation de son premier film, une adaptation du livre éponyme de Tsuneo Tomita : La Légende du grand judo.

Après ce film, il produisait un film chaque année jusqu'aux années 70.

 

judo2.jpg

 

C'est en 1951, grâce à l'acquisition du Lion d'Or du festival de Venise pour Rashomon, qu'il débuta sa carrière internationale. En 1954, sort l'un des ses films les plus cultes, Les Sept Samouraïs, nommé encore comme le meilleur film japonais de tous les temps. Il créa après que des succès avec son acteur fétiche, Toshirô Mifune, jusqu'à son grand échec commercial, Dodeskaden, qui entraîna la faillite de sa société de production.

 

600full-toshir-c3-b4-mifune.jpg

 

Grâce à sa grande renommée, de nombreux réalisateurs étrangers vinrent en aide à AK pour réaliser trois de ses films : Francis Ford Coppola et George Lucas pour Kagemusha, l'ombre d'un guerrier en 1980, le Français Serge Silberman pour Ran en 1985 et Steven Spielberg pour Rêves en 1990. Les deux premiers furent des cartons commerciaux et critiques mais l'accueil du troisième fut très mitigé. Il réalisa son dernier film seul, Madadayo, que les critiques ont descendu. Puis AK est mort le 6 septembre 1998 avec plus de 30 films à son actif.

 

affiche_109.jpg

 

Ses caractéristiques filmiques

 

Le maître Kurosawa était un vrai bourreau de travail, un perfectionniste. C'était un réalisateur de terrain, un scénariste, un monteur et un producteur. Il effectua un travail gargantuesque sur chacun de ses films.

Il est connu principalement pour son genre de prédilection, le jidaigeki (genre pour les batailles de sabres dans un contexte historique) mais aussi pour certains de ses films dans le Japon contemporain. Pour la petite anecdote, le mot « jedi » vient de « jidaigeki ».

Il s'est beaucoup inspiré d’œuvres littéraires de Shakespeare pour les changer de contexte : Le Château de l'araignée adapté de Macbeth, Ran de Le Roi Lear et Les salauds dorment en paix de Hamlet.

 

Pour ses techniques filmiques, il utilisa des téléobjectifs pour filmer de loin et avoir un cadrage serré mais aussi l'utilisation de transition en volet (utilisé dans Star Wars).

 

effet-longueur-focale.jpg

 

 

Il tournait avec plusieurs caméras, pour avoir différents angles pour une même scène. Puis il choisissait lui-même le meilleur angle avec la meilleure implication émotionnelle. Et quelques fois, certains plans brisaient les règles fondamentales du cinéma. (comme la règle des 180°)

Il est connu aussi pour son cinéma organique (bien qu'à l'époque les effets spéciaux étaient très rares), et l'utilisation des éléments naturels pour divers scènes (la scène de combat final de Les Sept Samouraïs a été tournée sous la pluie).

 

 

L'influence et ses récompenses

 

Comme la plupart des cinéphiles le savent, AK a inspiré plusieurs réalisateurs pour leurs futurs films :

 

  • Les Sept Samouraïs a inspiré Les Sept Mercenaires de John Strurges en 1960.
  • Yojimbo a inspiré Pour une poignée de dollars de Sergio Leone de 1964.
  • La trame narrative de La Forteresse Cachée a inspiré Star Wars à Lucas, comme les plans contemplatifs et les transitions en volet.
  • La scène du mariage suivie de la séquence des coupures de presse dans Le Parrain de Coppola a été inspirée par la même scène dans Les salauds dorment en paix.

 

Au cours de toute sa carrière, il a reçu au total 10 prix au niveau international, ce qui est énorme pour un réalisateur japonais :

 

  • 2 Lions d'Or : en 1951 pour Rashomon et en 1982 pour un titre honoraire.
  • 1 Lion d'Argent : en 1954 pour Les Sept Samouraïs.
  • 1 Ours d'Argent du Meilleur réalisateur (Festival de Berlin) : en 1959 pour La Forteresse cachée
  • 1 Oscar du Meilleur film étranger : en 1976 pour Dersu Uzala.
  • 1 Palme d'Or : en 1980 pour Kagemusha, l'ombre du guerrier.
  • 1 BAFTA (British Academy Film Awards) du Meilleur réalisateur : en 1981 pour Kagemusha, l'ombre du guerrier.
  • 1 César du Meilleur film étranger : en 1981 pour Kagemusha, l'ombre du guerrier.
  • 1 BAFTA du Meilleur film non anglophone : en 1987 pour Ran.
  • 1 Oscar d'Honneur en 1990.

 

 

5 films recommandés

 

Je vais vous recommander 5 films que vous devez absolument connaître, voir et peut-être apprécier. Je rappelle que cette liste est purement subjective.

 

1- Ran (1985), 2h40 min

 

ran_22.jpg

 

Au XVIe siècle, dans un Japon ravagé par la guerre, le vieux daimyo (seigneur) Hidetora Ichimonji décide de partager son fief entre ses trois fils pour finir heureux et en paix. Mais les dissensions entre les trois frères plongeront leurs familles, leur foyer et la région entière dans le chaos le plus total.

 

Ce film est dantesque. Un de ses rares films en couleur, il est l'adaptation du Roi Lear de Shakespeare. La musique, l'histoire complexe et les batailles sont vraiment admirables.

 

2- Le Château de l'araignée (1957), 1h50 min

 

18385747.jpg

 

Dans le Japon du XVIème siècle, deux généraux, Taketoki Washizu et Yoshiaki Miki, sont perdus et rencontrent une sorcière qui leur prédit que Washizu deviendra commandant du fort septentrional et succédera à son seigneur Kuniharu Tsuzuki. Cependant, ce sera Yoshiteru, le fils de son ami Miki, qui régnera. Sous l'influence de sa femme Asaji, Washizu assassine le seigneur Tsuzuki, puis envoie ses hommes tuer Miki, mais son fils échappe à la mort.

 

Il est l'adaptation de Macbeth, de Shakespeare. Je dirais que c'est un peu comme Ran mais en noir et blanc et avec beaucoup moins de budget. Mais cela marche amplement. La force de ses plans sont incroyables et couverts de sens.

 

3- Le Garde du Corps (Yojimbo) (1961), 1h50 min

 

yojimbo--movie-poster-.jpg

 

Japon, XIXe siècle. Un ronin (samouraï sans maître) fait étape dans un village terrorisé par deux clans rivaux. En se ralliant successivement à l'un et à l'autre, il va précipiter leur chute et sauver les villageois de leur joug.

Imaginez un vieux film de western avec Clint Eastwood... mais au Japon, avec des pistolets, des sabres et des kimonos. Un Western au Japon, juste pour cela, regardez-le. Il y a la majorité des codes.

 

4- Entre le ciel et l'enfer (1963), 2h23 min

 

19642356.jpg

 

À Yokohama, Gondo, un actionnaire principal d'une usine de chaussures, apprend que son fils a été kidnappé. Les kidnappeurs exigent alors une rançon que Gondo va s'empressait de payer. Mais le dilemme se complique lorsqu'il apprend que ce n'est pas son fils qui est kidnappé, mais le fils de son chauffeur.

 

Pourquoi ce film ? Kurosawa est bien connu pour ses films de samouraïs mais hélas trop peu connu pour ses thrillers et ses polars. Il offre un certaine tension mais aussi une réflexion sur le nouveau Japon, qui était sous occupation américaine et qui s'était bien ouvert au monde.

 

5- La Forteresse cachée (1958), 2h20 min

 

49059.jpg

 

Dans le Japon du XVIe siècle, une guerre oppose deux clans rivaux. Deux paysans pauvres, Tahei et Matashichi cherchent à contourner la ligne de front pour retourner chez eux. En chemin, ils découvrent un morceau d'or dans une branche d'arbre et pensent être sur la piste du trésor du clan des Akizuki, vaincu. Ils se mettent en chasse de ce trésor, mais sont surpris par un homme. Cet homme leur dissimule sa véritable identité, car il s'agit du général Rokurota Makabe, l'un des derniers survivants des Akizuki. Lui aussi cherche à aller dans le même territoire que les deux paysans, mais sa tâche est ardue. En effet, il doit y accompagner la princesse Yuki, l'héritière du clan, ainsi que son trésor, pour refonder son clan. Il décide d'utiliser la naïveté et la cupidité des paysans pour les accompagner et les aider à transporter l'or, tout en cachant son secret.

 

Ce film est vraiment Star Wars, à quelques détails près. Il reste un film très bon de par sa narration, sa mise en scène et surtout ses combats.

 

 

J'espère vous avoir donné envie de vous pencher un peu plus sur ce géant du cinéma, sur sa filmographie ou tout simplement vous l'avoir fait découvrir. Quant à moi, j'ai beaucoup apprécié à faire cette chronique, malgré la longueur de ses films et la difficulté à les trouver.

 

À vous le clavier !


Modifié par Heartsy, 06 mars 2015 - 16:57.

  • 3

Image IPB


#2
Killer007

      ~OneeSan-Zuki~

  • messages 1 584
  • Inscrit(e) : 30 septembre 2011

  • Humeur du actuel : Hallucinante

Réputation : 64 (Se fait un nom)
Merci Heartsy pour cette chronique très intéressante ! Je t'avouerais que je n'ai jamais regardé un seul de ces film, je ne connaissais même pas ce réalisateur d'ailleurs :P.

Par contre,
 

Japon, XIXe siècle. Un ronin (samouraï sans mettre)

Un "mètre" je t'aurais dis qu'il ne s'agit pas de Manny et ses outils, mais là je sèche x).

C'était la blague du 6 mars :)
  • 0

799556KIllersign.png

140102044150121624.png





Répondre à ce sujet



  


0 utilisateur(s) dans ce forum

0 membre(s), 0 invité(s), 0 utilisateur(s) anonyme(s)

Community Forum Software by IP.Board
Licence accordée à : AnimeServ.NET
Design & Code by Bad.Y o/
© 2013 AnimeServ